En réponse…
En réponse à la campagne d’excuses de citoyens turcs, des personnalités d’origine arménienne décident de faire une déclaration publique.
En Turquie, une campagne publique d’excuses au peuple arménien victime de “La Grande Catastrophe” de 1915 a débuté en décembre 2008 et doit se poursuivre en 2009.
Elle confirme que la société civile manifeste de plus en plus ouvertement sa volonté de lever le voile sur une histoire centenaire obscurément transmise ou niée par l’Etat turc. Cette initiative est d’abord une affaire de conscience interne à la communauté turque mondiale, mais elle s’appuie sur des mots adressés pour la première fois aux Arméniens. Elle est détournée et attaquée de toute part et en Turquie, ses initiateurs risquent gros.
Certaines personnes d’origine arménienne ont décidé de réagir personnellement et publiquement à ce geste. Elles ont choisi de le faire alors qu’arrive le second anniversaire de la mort de Hrant Dink, journaliste arménien de Turquie, assassiné à Istanbul le 19 janvier 2007.
Cette déclaration émane de personnes très diversifiées, dont des artistes et des intellectuels, toutes animées et rassemblées par des convictions proches.
Denis Donikian, écrivain, chroniqueur
Claire Giudicenti, édition et production culturelle
Gérard Torikian, comédien, compositeur
Merci
Merci aux citoyens de Turquie qui viennent de lancer une pétition pour demander pardon, à titre individuel, aux Arméniens d’aujourd’hui. (pétition en ligne sur www.ozurdiliyoruz.com)
Ils ont décidé publiquement, en leur âme et conscience, de ne plus supporter le déni auquel on les a soumis depuis bientôt 94 ans. Par leur geste sans précédent, ils reconnaissent que la négation des victimes du génocide de 1915 a pour conséquence la négation des blessures morales des survivants et descendants.
Conscient des risques qu’ils encourent, je décide à mon tour de répondre autrement que par l’indifférence, la critique ou l’attentisme.
Citoyen du monde et enfant de rescapés arméniens, j’exprime ma reconnaissance aux signataires pour leur courage.
Le déni et le mensonge ont fait et continuent à faire le lit de l’extrémisme, générant haine et souffrance. Toute forme de violence doit maintenant appartenir à un passé révolu.
Aujourd’hui peut venir le temps de la vérité qui apaise, de la rencontre et du partage. C’est la voie ouverte par Hrant Dink. Je crois à la forte détermination des hommes et des femmes, de part et d’autre, pour accélérer ce processus sur le plan humain.
La société civile turque est en droit de savoir, librement et individuellement, tout ce qui s’est passé. Partout et aussi en Turquie, l’information et les livres existent, des témoignages et des traces sont encore là, les paroles se délient malgré et contre les dénégations d’Etat.
Dans ce contexte, j’accueille cette initiative comme un signe authentique d’espoir et de progrès historique et, personnellement, je la soutiens.
France, le 19 janvier 2009
La liste des signataires est dans la page nommée “Signataires” Vous êtes invité(e) à signer, si vous le souhaitez, en: 1) ajoutant vos prénom, nom, qualité et ville dans les commentaires 2) confirmant par sécurité en envoyant un courriel avec les mêmes informations à merci.jesigne@gmail.com
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